Si tu vois mes cheveux aujourd’hui, tu te dis peut-être que j’ai de la chance. Ils ont pourtant connu des jours moins glorieux, dont deux grosses chutes.
À 25 ans, j’arrête la pilule contraceptive et je perds énormément de cheveux. À 31 ans, après mon accouchement, la chute revient.
À 37 ans, mes cheveux sont plus épais, plus forts et plus brillants qu’à 20. Ils poussent plus vite. Je coupe mes pointes trois fois par an et je n’ai presque pas de fourches, avec un brushing par semaine (merci Dyson 🙈). Et je compte mes cheveux blancs sur les doigts d’une main.
Arrêt de pilule, post-partum, périménopause, stress, charge mentale, carences : dans une vie de femme, les occasions de perdre ses cheveux ne manquent pas. Chacune a une cause précise, et chacune a sa réponse.
Et oui, des cheveux blancs peuvent parfois retrouver leur couleur. Des chercheurs l’ont observé chez l’humain…
Je ne suis pas médecin. Cet article est éducatif et ne remplace ni un diagnostic ni un avis médical. Une chute soudaine, par plaques ou très rapide se montre d’abord à un·e médecin ou à un·e dermatologue.
D’abord, respire
Des cheveux sur l’oreiller, dans ta brosse, et sur ton pull préféré. Ils bouchent la baignoire, et quand tu passes la main dans tes cheveux, tu en ressors une poignée. Sur le moment, c’est la panique. Je connais.
Une chute par poignées est le plus souvent un effluvium télogène. Un nom qui fait un peu peur, j’avoue. Je t’explique.
Chaque cheveu vit plusieurs années en phase de croissance, puis environ trois mois en phase de repos avant de tomber. Normalement, tes cheveux se relaient gentiment, chacun à son rythme. Quand ton corps subit un choc (hormonal, nutritionnel, émotionnel), il en envoie tout un groupe au repos en même temps. Trois mois plus tard, ils partent ensemble. D’où les poignées.
La bonne nouvelle : tes follicules sont toujours là. Une fois la cause corrigée, ils se remettent au travail.
Retiens deux choses :
La chute arrive 2 à 3 mois après sa cause. Si tu perds tes cheveux aujourd’hui, le coupable est à chercher au printemps ou au début de l’été. Pas dans le shampoing que tu as changé la semaine dernière.
La repousse suit le même calendrier. Juge ta routine sur 3 à 6 mois. Au bout de six semaines, c’est trop tôt, tes cheveux n’ont pas encore reçu le message.
L’automne n’aide pas. Tes cheveux suivent aussi les saisons. Une étude suisse sur 823 femmes montre que la proportion de cheveux au repos culmine en été. Les chercheurs en déduisent un pic de chute en octobre et novembre. Si ta chute a démarré à la rentrée et se calme en quelques semaines, elle est peut-être simplement saisonnière. Si elle dure plus de deux ou trois mois, ou si tu coches des cases dans la liste plus bas, tu creuses.
Il existe un deuxième profil, plus discret : pas de poignées, plutôt une raie qui s’élargit doucement et des cheveux qui s’affinent d’année en année. Celui-là mérite un avis dermatologique plus tôt. Tout ce qui suit t’aide aussi.
Pourquoi les cheveux tombent en périménopause
À cette période, les causes ont la mauvaise habitude d’arriver en groupe.
Tes œstrogènes baissent. Ce sont eux qui prolongent la phase de croissance du cheveu. Quand ils diminuent, cette phase raccourcit. Et les follicules sensibles aux androgènes, les hormones dites « masculines » que les femmes produisent aussi en petite quantité, deviennent plus vulnérables. Le plus actif sur le cheveu s'appelle la DHT : ton follicule la fabrique à partir de la testostérone, et elle rend le cheveu plus fin à chaque cycle. Ton taux d'androgènes ne grimpe pas forcément : c'est l'équilibre entre tes hormones qui bascule.
Ton compte épargne en fer est à découvert. Tes règles deviennent souvent plus abondantes ou plus rapprochées, et ta ferritine fond sans bruit. Quand le fer manque, ton corps fait des choix : cœur, cerveau et muscles d’abord. Tes cheveux sont servis en dernier.
Ta thyroïde lève le pied. Après 40 ans, la thyroïdite de Hashimoto devient la première cause de souci thyroïdien chez les femmes. Et les cheveux sont souvent les premiers à le signaler.
Ton cortisol ne redescend plus. Réveils à 3 h du matin, bouffées de chaleur, charge mentale, ados, parents qui vieillissent : ton corps vit en alerte, et il sacrifie ce qui n’est pas vital. Tes cheveux, par exemple.
Tu manges trop peu. Quand le corps change, beaucoup de femmes réduisent leurs portions pour « compenser ». Un régime restrictif, une perte de poids rapide ou des protéines insuffisantes suffisent à déclencher une chute.
Et la périménopause, c'est quand ? En moyenne, elle commence vers 46-47 ans, dure environ quatre ans, et la ménopause arrive vers 51 ans. Les écarts sont énormes : certaines femmes la traversent en quelques mois, d'autres en dix ans. Et tes hormones n'attendent pas la périménopause pour bouger : dès la fin de la trentaine, alors que tes cycles sont encore réguliers, ta progestérone commence souvent à baisser. Tes cheveux peuvent donc réagir bien avant que quelqu'un prononce le mot « ménopause ».
Fais le point
Coche ce qui te concerne :
Tes règles sont plus abondantes ou plus rapprochées qu’avant.
Tu n’as jamais fait doser ta ferritine, ou on t’a dit « c’est normal » sans te donner le chiffre.
La viande, les œufs et le poisson sont rares dans ton assiette.
Tes nuits sont hachées et tu vis sous pression depuis des mois.
Tu as perdu du poids rapidement ou suivi un régime strict ces six derniers mois.
Tu as arrêté ta pilule dans l’année.
Deux cases ou plus ? Ta chute a probablement une cause concrète, et tu peux agir dessus.
Moi, j’en cochais trois à 32 ans, en pleine deuxième chute. Cinq ans plus tard, voici la différence.

Après l’arrêt de ma pilule, il m’a fallu des années de recherches pour comprendre ce qui m’était arrivé. Après mon accouchement, j'ai trouvé plus vite : trop de stress, et une erreur dans mon assiette.
Ma routine tient en six piliers, et le premier se joue dans l'assiette.
La suite est réservée aux abonnées payantes : mon histoire complète, ma routine en six piliers avec mes doses, la cible de ferritine que je vise pour les cheveux, comment choisir un produit topique, et ce qui peut faire revenir la couleur des cheveux blancs.



