Oui, des milliers. En partie par curiosité, en partie parce que c’est mon métier. L’excuse parfaite, je sais.
Un DEXA, le scanner qui mesure tes muscles, ta graisse et tes os. Une bague connectée, que je porte depuis presque quatre ans. Un panneau de lumière rouge. Des tests d'âge biologique. Un tapis PEMF, qui envoie des champs électromagnétiques pulsés pendant que tu es allongée. De la cryothérapie. Des séances en caisson hyperbare, à respirer de l'oxygène sous pression. De l'IHHT, un entraînement où l'on respire un air appauvri en oxygène, comme en altitude, assise sur une chaise. De l'acupuncture. Un abonnement à la salle. Des soins pour la peau dont je te parlerai bientôt. Et des compléments, des plus ordinaires aux plus sophistiqués.
J’adore ça, je ne vais pas faire semblant. Certains de ces achats sont devenus des habitudes. D’autres sont restés une expérience, et c’est très bien comme ça.
Pourtant, si demain je perdais toutes mes habitudes santé d’un coup, aucun d’eux ne serait sur ma liste de départ. Je recommencerais par ce qui ne coûte rien. Les trucs ennuyeux. Ceux que tu connais déjà par cœur, que tu « devrais » faire, et que tu repousses à lundi prochain.
En juillet, je t’ai raconté ma routine longévité complète, tout ce que je fais quand la vie me laisse de la place. Aujourd’hui, je fais l’exercice inverse : si on m’enlevait tout, qu’est-ce que je reprendrais en premier ?
J’ai appris cet ordre à l’envers
J’ai un master en nutrition. Pendant des années, si tu m’avais demandé par quoi commencer, j’aurais répondu « l’alimentation » avant même la fin de ta question.
Puis je suis devenue mère, et j’ai perdu mes nuits. J’ai découvert quelque chose d’assez vexant pour une scientifique de la nutrition : quand le sommeil s’effondre, plus rien ne suit. Tu ne cuisines plus. Tu ne t’entraînes plus. Tu manges ce qui traîne, en sachant très bien ce que tu fais, sans réussir à faire autrement.
Je savais tout ce qu’il fallait savoir. Il me manquait la base.
Depuis, je vois la santé comme une pyramide : un ordre de priorités, pour savoir par où commencer. En bas, ce qui compte le plus. En haut, ce qui vient en dernier, et coûte souvent le plus cher. Quand un étage manque, tout ce qui est au-dessus devient plus dur à tenir. Quand tu dors cinq heures, bien manger et aller t’entraîner deviennent un combat quotidien. Et aucun caisson hyperbare ne rattrapera la nuit qui manque.
Avant de commencer, une chose que j’aurais aimé entendre plus tôt : tout compte. Dix minutes de marche comptent. Une séance de vingt minutes compte. On nous a vendu l’idée que si ce n’est pas optimal, ça ne vaut pas la peine. Je crois l’inverse. La version mini, tenue des mois, change bien plus de choses que le plan parfait abandonné en février.
Alors chaque habitude a sa version mini. Pour les semaines où tout déborde, et il y en a.
Restaurer
1. Dix minutes de lumière le matin
Au moins dix minutes dehors, dans les deux heures qui suivent ton réveil. Même s’il fait gris. Surtout s’il fait gris, en fait : un ciel couvert t’envoie bien plus de lumière que la lampe de ta cuisine.
La lumière est le signal le plus fort que reçoit ton horloge interne. Celle du matin l’aide à se caler, et ton horloge influence à son tour l’heure à laquelle tu auras sommeil ce soir, ton humeur et ton énergie.
Moi, je sors après avoir déposé mon fils à l’école, qu’il pleuve ou non.
Version mini : cinq minutes sur le balcon avec ta tasse. Le pyjama est autorisé.
2. Protéger ta nuit
Des horaires à peu près réguliers, week-end compris, autant que la vie le permet. Le dernier café à 14 h (j’ai même arrêté complètement pendant dix jours, je te raconte ici). Oui, même celui de 16 h « qui ne te fait rien » : il ne t’empêche peut-être pas de t’endormir, et il peut quand même alléger ton sommeil. Le soir, des lumières plus douces, et le téléphone qui dort ailleurs que dans ta chambre. Moi, je prends aussi mon magnésium bisglycinate le soir (j’y reviens plus bas).
Entre une séance de sport à 5 h 30 et une nuit complète, je choisis la nuit. Sans hésiter, et sans culpabiliser.
Tout le reste est dans mon article sur le sommeil.
Version mini : ce soir, ton téléphone charge dans la cuisine.
3. Cinq minutes par jour pour ton système nerveux
On parle beaucoup d’assiette et d’hormones. Beaucoup moins de ce que des mois de stress font à ton sommeil, à ta faim et à ton énergie.
Je suis très mauvaise en méditation. Dès que je m’assois les yeux fermés, mon esprit part dans tous les sens et ma liste de choses à faire défile en entier.
Ce que j’arrive à faire, c’est la cohérence cardiaque. Tu inspires sur cinq secondes, tu expires sur cinq secondes, pendant cinq minutes. Rien d’autre à retenir. Je la fais avec l’application RespiRelax+, qui me donne le rythme, au moins une fois par jour.
L’idéal, c’est une à trois fois par jour. Cinq minutes le matin, c’est déjà très bien : cette respiration lente aide ton corps à relâcher la pression, et tu le sens souvent dès la première fois.
Mon autre méditation, c’est la marche, le matin avant ma première réunion.
Si tu veux aller plus loin, voici les 5 outils que j’utilise pour calmer mon système nerveux.
Version mini : cinq minutes de cohérence cardiaque le matin. Sur ton lit, dans ta voiture avant de rentrer, aux toilettes du bureau : personne ne verra rien.
Nourrir
4. Des protéines et des légumes à chaque repas
Cétogène, paléo, végan, jeûne, six petits repas par jour… Manger est devenu un examen que tout le monde a l’impression de rater.
Si je recommençais, je ne choisirais aucun camp. Juste deux repères à chaque repas : au moins 25 g de protéines, et des légumes, de préférence en premier. Surgelés, ils font très bien l’affaire.
Pourquoi ces deux-là ? Les protéines te tiennent jusqu’au repas suivant et entretiennent tes muscles. Les légumes apportent les fibres, qui nourrissent ton microbiote et amortissent la montée de ta glycémie. Et un détail que peu de gens connaissent : avec l’âge, ton muscle a besoin de plus de protéines par repas pour réagir autant. Or on mange souvent presque toutes ses protéines le soir, et très peu le matin. Même si ton total sur la journée est bon, 15 g au petit-déjeuner et 60 g au dîner ne valent pas deux repas à 35-40 g chacun. Je t’explique tout ici. Alors commence par ton petit-déjeuner : deux œufs et un bon bol de fromage blanc, et tu y es.
Et je fais ça 80 % du temps. Le reste, je mange sans y penser et sans me sentir coupable après. Ton corps fait ses comptes sur la semaine.
Ce que je mets vraiment dans mon assiette (oui, du gras, du pain et de la viande), je te le montre ici.
Version mini : mon dîner de secours, dix minutes, zéro décision. Du riz basmati, du brocoli surgelé à la vapeur, une boîte de sardines ou de maquereau. Il ne gagnera aucun concours de photo, et c’est un vrai repas.
5. Marcher, surtout après les repas
Je vise au moins 7 000 pas par jour, idéalement entre 7 000 et 10 000. Pas besoin de sport pour ça : les trajets, les courses, les appels en marchant, tout compte. Et les 10 000 pas ? Un chiffre né d’une campagne publicitaire japonaise pour un podomètre, dans les années 1960. Une grande analyse de 2025 sur des dizaines d’études associe 7 000 pas par jour à un risque de mortalité presque divisé par deux par rapport à 2 000 pas (Ding, The Lancet Public Health).
Et si tu peux placer une partie de ces pas juste après manger, c’est encore mieux. Dix minutes après le repas, et ton pic de glycémie redescend plus vite. Le moment compte : tes muscles qui travaillent absorbent le sucre pile quand il arrive dans ton sang. Une petite marche juste après le repas fait donc quelque chose qu’une grosse séance à 18 h ne fera pas pour ce repas-là. Le détail est dans l’article glycémie.
Et si tu aimes les surprises : dans mon dernier test, mes spaghetti sont montés moins haut que mon porridge « sain ».
Version mini : le tour du pâté de maisons après le dîner. Ranger la cuisine debout, plutôt que de t’effondrer sur le canapé, compte déjà un peu.
Renforcer
6. Soulever lourd deux fois par semaine
Si le mot « musculation » t’évoque des hommes qui grognent devant un miroir, je comprends. Deux haltères dans ton salon, c’est déjà de la musculation. Et « lourd », c’est lourd pour toi : un poids avec lequel les deux ou trois dernières répétitions sont difficiles. Pour certaines, c’est 2 kilos. Pour d’autres, 15.
Avec les années, garder son muscle demande plus d’effort, et autour de la ménopause, la baisse des œstrogènes complique encore les choses. Or le muscle protège tes os, ta glycémie et ton autonomie pour les décennies à venir. Et c’est toi qui le construis.
Deux séances par semaine qui font travailler tout le corps, c’est mon minimum, et au début, ça suffit largement pour progresser. Trois, c’est l’idéal, et j’en fais trois quand la semaine le permet. Ces deux séances sont mon plancher : elles tiennent depuis des années, même les semaines où tout déborde.
Je pèse aujourd’hui dix kilos de plus qu’à vingt ans, avec une meilleure composition corporelle, et je me sens plus forte qu’à l’époque où je me privais.
Pour choisir tes poids sans te blesser, voici mon guide des haltères.
Version mini : une séance de vingt minutes cette semaine. Une seule.
7. Entraîner ton cœur
Après 35 ans, le muscle passe en premier. Juste derrière, il y a ton cœur, et c'est peut-être le chiffre le plus sous-estimé de la santé : ta capacité cardio, ce que les médecins appellent la VO2 max. C'est la quantité maximale d'oxygène que ton corps arrive à utiliser pendant un effort à fond : en gros, la qualité du travail d'équipe entre ton cœur, tes poumons et tes muscles.
Une étude de la Cleveland Clinic a suivi plus de 120 000 personnes après un test d’effort sur tapis. Avoir une condition cardio sous la moyenne y était associé à un risque de mortalité aussi élevé que celui du tabac ou du diabète (Mandsager, JAMA Network Open, 2018). C’est une association, et elle donne quand même à réfléchir. La bonne nouvelle : la VO2 max se travaille à tout âge.
Ma base, c’est une sortie lente par semaine, à un rythme où je peux encore parler. Depuis peu, j’y ajoute une séance plus intense, le 4x4 norvégien. Je t’en parle bientôt.
Version mini : vingt minutes de marche rapide, assez vite pour être un peu essoufflée.
Avant d’ouvrir ton portefeuille
Voilà pour le gratuit. Et la carte bancaire, à quel moment elle devient utile ?
Tu es épuisée depuis des semaines, tu perds tes cheveux, tes cycles changent ? N’attends pas d’avoir coché les sept habitudes pour chercher pourquoi. Ça peut avoir mille explications, et certaines sont médicales. Avec ta médecin, les analyses sanguines sont souvent le premier endroit où regarder, choisies selon tes symptômes. Je t’explique comment je lis les miennes dans « Normal » n’est pas un objectif.
Côté compléments, même prudence. Avant d’aligner quatorze flacons sur l’étagère de la salle de bain, sépare deux catégories.
Il y a un petit socle. Si je repartais de zéro, je prendrais ces cinq-là : la vitamine D3 avec de la K2, le magnésium, les oméga-3, un complexe B méthylé et la créatine. La vitamine D, sous nos latitudes, presque toutes les femmes en ont besoin, au moins l’hiver. Le magnésium, très souvent. Pour les trois autres, ça dépend de ton assiette et de ta vie. Je t’explique pourquoi, et sous quelle forme, dans les 5 compléments que je prendrais si je partais de zéro. Même là, une analyse aide à régler la dose : ma vitamine D, testée en sortie d’hiver, était moins haute que je ne le pensais malgré des années de supplémentation, alors j’ai ajusté.
Et il y a les autres. Le fer, par exemple, ne se prend jamais au hasard : on le teste d’abord, parce qu’en trop, il fait des dégâts. Plus jeune, j’ai moi-même essayé de régler des soucis hormonaux à coups de compléments, sans toucher à la base. Tu devines la suite. Aujourd’hui, je formule des compléments, j’en prends, et ils arrivent quand même après tout ça. Si tu veux trier ton placard, commence par les 10 que je n’achèterais jamais.
Et tout le reste ?
La bague, la lumière rouge, le caisson, l’IHHT : je m’amuse avec, certains font partie de ma semaine, et je te raconterai un jour lesquels j’ai gardés.
Aucun ne fait le travail des sept habitudes du dessus. Ils viennent après, comme la cerise sur un gâteau déjà cuit.
Les 7, en une ligne
Lumière le matin. Une nuit protégée. Cinq minutes de cohérence cardiaque. Protéines et légumes. Marcher, surtout après le repas. Soulever lourd. Entraîner ton cœur.
Choisis-en une. Une seule, cette semaine, en version mini. Quand elle tient toute seule, ajoute la suivante.
Et toi, sur quel étage de la pyramide as-tu dépensé le plus d’argent ces douze derniers mois ? Dis-le-moi en commentaire. Si c’est le sommet, rassure-toi : tu as commencé par ce qu’on te vendait, comme presque tout le monde. Moi la première.
P.S. Si tu as lu cette liste en te disant « je sais tout ça, je ne le fais juste pas », tu es loin d’être la seule. C’est pour ça que j’ouvre Fondations Féminines en janvier : quatre semaines en petit groupe, en direct avec moi, pour comprendre ce qui compte vraiment pour ta santé, et pourquoi, adapter ces habitudes à ta vie et les installer dans cet ordre, avec ton plan pour les trois mois suivants. Si tu veux être prévenue dès l’ouverture des inscriptions, réponds simplement « FONDATIONS » à cet e-mail (ou envoie-le-moi en message privé sur l’appli).
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Parle à ton médecin avant de modifier ton alimentation, ton activité ou ta supplémentation, surtout si tu as une condition de santé ou un traitement.







I really like your approach and what you’re saying, I just regret you talk mostly to women, will be if you could include also advice for men !